Amoureuse
de la mode et active dans ce domaine depuis une vingtaine d’années,
Catherine Mys est aujourd’hui une styliste respectée dans la presse
fashion. Entendez par là qu’elle est passée maître dans l’art de
composer des tenues pour des photoshoots, des vidéos ou des défilés.
Elle a également travaillé pour une créatrice de mode belge en vue
d’assurer sa promotion à l’international et il lui arrive régulièrement
d’animer des ateliers de relooking. Nous l’avons rencontrée pour mesurer
l’impact des matières sans cruauté animale dans le secteur
vestimentaire.
C’est
en travaillant comme contact presse aux côtés de feu la styliste Ann
Huybens que Catherine Mys a opéré une prise de conscience personnelle
vis-à-vis d’une mode écodurable, vegan et locale. Certaines couleurs
étaient déjà issues de moisissures, à l’époque. Aussi surprenant que
cela puisse paraître, cela a ouvert la voie au développement de matières
biosourcées, issues de résidusagroalimentaires. Une tendance qui a pour
avantage d’éviter toute cruauté envers les animaux, ce qui n’est pas
pour déplaire à des associations de défense du bien-être animal telles
que GAIA.
Les matières végétales deviennent la norme
Si
la fourrure est écartée depuis pratiquement toutes les garde-robes
depuis un bon moment dans notre pays, certaines matières d’origine
animale comme le cuir ou la laine étaient encore en quête d’alternatives
dans la société en transition qui est la nôtre. Les défenseurs de la
cause animale ont désormais des matières cruelty free à leur disposition
: cuir de pomme ou de champignon, fibres textiles à base de déchets
d’agrumes, coton, lin ou chanvre bio.
Et
la bonne nouvelle, c’est que ces matières sont de plus en plus
présentes dans les collections, au point que de nombreuses marques ne
jugent même plus utile de le préciser explicitement. « Lorsque je
compose des silhouettes pour les magazines, j’observe que l’on recourt
souvent très naturellement à des marques vegan », se réjouit Catherine
Mys. Et de poursuivre : « Le secteur de la mode a véritablement intégré
cette prise de conscience et lorsque je parcours les rayons des
boutiques, je constate que les marques vegan s’entremêlent aux marques
traditionnelles, sans devoir mettre l’accent sur cette spécificité. Cela
devient tout à fait normal. Les marques ont bien compris que c’est un
atout, sans perdre de vue le coût, afin que cela reste abordable. »
Des matières surprenantes, qui stimulent la créativité tout en respectant les animaux
Si
on lui demande quelle matière innovante l’a le plus étonnée, Catherine
Mys répond : « du cuir à base de pare-brise recyclés, utilisé pour la
confection de sacs à main ! ». Car il ne faut pas se limiter aux
matières végétales pour remplacer les matières d’origine animale. Le
recyclage entre aussi en ligne de compte. « De nombreuses fibres
actuelles sont des fibres de remplacement.. »
Les
nouvelles matières végétales sont faciles, souples et légères à
travailler et peuvent même révéler de belles surprises : « l’une de mes
amies s’est mariée en chaussures en cuir de carotte ! ». Mais cette
nouvelle approche de la mode ne concerne pas que les fibres textiles. «
Je suis également attentive aux colles et pigments utilisés, de même
qu’à des détails comme les boutons, les boucles de ceinture ou les
accessoires qui étaient jadis en nacre, en ivoire, en corne ou en bec
d’oiseau ! Personnellement, je privilégie les créations en bois. » Il
est vrai que la mode végétale ne doit rien négliger pour répondre aux
exigences éthiques qui émergent dans notre société. Ce qui ne nuit en
rien à l’esthétique : « Les créateurs de mode tentent d’autres choses à
l’aide de ces matériaux, car c’est une ressource qui stimule la
créativité. Cela devient un nouveau créneau. Une manière de se
réinventer en tant que créateur ou étudiant en stylisme. »
Quand
on sait que des millions d’animaux sont tués chaque année dans des
élevages du monde entier pour satisfaire notre goût de la mode, on se
dit que notre société a tout à gagner en respectant le bien-être animal.
Il est devenu insupportable de penser que nos vêtements sont le
résultat d’une filière où des animaux sont élevés pour leur fourrure et
que chaque accessoire en cuir ou pull en laine porte la mémoire d’une
souffrance animale.
Heureusement,
les consommateurs ont une série de labels vegan et cruelty free à leur
disposition pour se composer une nouvelle garde-robe respectueuse du
vivant. « Les marques sans cruauté animale sont présentes dans de
nombreuses boutiques ; il suffit de se donner la peine de lire les
étiquettes. Les influenceurs et journalistes de mode ont un rôle
important à jouer à cet égard. De même que les stars qui foulent les
tapis rouges en exhibant des tenues ouvertement vegan et militantes. »
S’il
reste encore un peu de chemin à parcourir, il est évident que
l’éthique, le bien-être animal et la mode sont indissociablement liés
dans notre société. Des personnalités comme Catherine Mys y contribuent
largement et ce sont des voix que nous devons écouter…
«
Les marques sans cruauté animale sont présentes dans de nombreuses
boutiques ; il suffit de se donner la peine de lire les étiquettes. »