jeudi 26 février 2026

Adieu les gants en peau de lapin. Bonjour les chaussures en cuir de carotte !

 

Amoureuse de la mode et active dans ce domaine depuis une vingtaine d’années, Catherine Mys est aujourd’hui une styliste respectée dans la presse fashion. Entendez par là qu’elle est passée maître dans l’art de composer des tenues pour des photoshoots, des vidéos ou des défilés. Elle a également travaillé pour une créatrice de mode belge en vue d’assurer sa promotion à l’international et il lui arrive régulièrement d’animer des ateliers de relooking. Nous l’avons rencontrée pour mesurer l’impact des matières sans cruauté animale dans le secteur vestimentaire.

C’est en travaillant comme contact presse aux côtés de feu la styliste Ann Huybens que Catherine Mys a opéré une prise de conscience personnelle vis-à-vis d’une mode écodurable, vegan et locale. Certaines couleurs étaient déjà issues de moisissures, à l’époque. Aussi surprenant que cela puisse paraître, cela a ouvert la voie au développement de matières biosourcées, issues de résidusagroalimentaires. Une tendance qui a pour avantage d’éviter toute cruauté envers les animaux, ce qui n’est pas pour déplaire à des associations de défense du bien-être animal telles que GAIA.

Les matières végétales deviennent la norme
Si la fourrure est écartée depuis pratiquement toutes les garde-robes depuis un bon moment dans notre pays, certaines matières d’origine animale comme le cuir ou la laine étaient encore en quête d’alternatives dans la société en transition qui est la nôtre. Les défenseurs de la cause animale ont désormais des matières cruelty free à leur disposition : cuir de pomme ou de champignon, fibres textiles à base de déchets d’agrumes, coton, lin ou chanvre bio.

Et la bonne nouvelle, c’est que ces matières sont de plus en plus présentes dans les collections, au point que de nombreuses marques ne jugent même plus utile de le préciser explicitement. « Lorsque je compose des silhouettes pour les magazines, j’observe que l’on recourt souvent très naturellement à des marques vegan », se réjouit Catherine Mys. Et de poursuivre : « Le secteur de la mode a véritablement intégré cette prise de conscience et lorsque je parcours les rayons des boutiques, je constate que les marques vegan s’entremêlent aux marques traditionnelles, sans devoir mettre l’accent sur cette spécificité. Cela devient tout à fait normal. Les marques ont bien compris que c’est un atout, sans perdre de vue le coût, afin que cela reste abordable. »

Des matières surprenantes, qui stimulent la créativité tout en respectant les animaux
Si on lui demande quelle matière innovante l’a le plus étonnée, Catherine Mys répond : « du cuir à base de pare-brise recyclés, utilisé pour la confection de sacs à main ! ». Car il ne faut pas se limiter aux matières végétales pour remplacer les matières d’origine animale. Le recyclage entre aussi en ligne de compte. « De nombreuses fibres actuelles sont des fibres de remplacement.. »

Les nouvelles matières végétales sont faciles, souples et légères à travailler et peuvent même révéler de belles surprises : « l’une de mes amies s’est mariée en chaussures en cuir de carotte ! ». Mais cette nouvelle approche de la mode ne concerne pas que les fibres textiles. « Je suis également attentive aux colles et pigments utilisés, de même qu’à des détails comme les boutons, les boucles de ceinture ou les accessoires qui étaient jadis en nacre, en ivoire, en corne ou en bec d’oiseau ! Personnellement, je privilégie les créations en bois. » Il est vrai que la mode végétale ne doit rien négliger pour répondre aux exigences éthiques qui émergent dans notre société. Ce qui ne nuit en rien à l’esthétique : « Les créateurs de mode tentent d’autres choses à l’aide de ces matériaux, car c’est une ressource qui stimule la créativité. Cela devient un nouveau créneau. Une manière de se réinventer en tant que créateur ou étudiant en stylisme. »

Quand on sait que des millions d’animaux sont tués chaque année dans des élevages du monde entier pour satisfaire notre goût de la mode, on se dit que notre société a tout à gagner en respectant le bien-être animal. Il est devenu insupportable de penser que nos vêtements sont le résultat d’une filière où des animaux sont élevés pour leur fourrure et que chaque accessoire en cuir ou pull en laine porte la mémoire d’une souffrance animale.

Heureusement, les consommateurs ont une série de labels vegan et cruelty free à leur disposition pour se composer une nouvelle garde-robe respectueuse du vivant. « Les marques sans cruauté animale sont présentes dans de nombreuses boutiques ; il suffit de se donner la peine de lire les étiquettes. Les influenceurs et journalistes de mode ont un rôle important à jouer à cet égard. De même que les stars qui foulent les tapis rouges en exhibant des tenues ouvertement vegan et militantes. »

S’il reste encore un peu de chemin à parcourir, il est évident que l’éthique, le bien-être animal et la mode sont indissociablement liés dans notre société. Des personnalités comme Catherine Mys y contribuent largement et ce sont des voix que nous devons écouter…

« Les marques sans cruauté animale sont présentes dans de nombreuses boutiques ; il suffit de se donner la peine de lire les étiquettes. »

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