Désormais, les manteaux en fausse fourrure font fureur. Si cette matière est exempte de souffrances animales, qu'en est-il de la pollution engendrée ?
Société Anti Fourrure fait le point, afin de vous conseiller au mieux, de même pour les autres matières alternatives aux peaux animales (ainsi que le cuir, duvet, laine, soie).
Fourrure et cuir/Alternatives
Tout d'abord, rappelons que l'industrie de la fourrure et du cuir sont classées comme les deux industries les plus polluantes au monde pour les métaux lourds, car le seuil de produits chimiques utilisés (chlore, formaldéhyde...)est quasiment toujours dépassé afin de contrer la putréfaction naturelle d'une matière organique morte.
La plupart des manteaux en fausse fourrure sont en polyester,
matière artificielle synthétique dérivée du pétrole.Le polyester,
bien qu’il ne soit pas biodégradable, est recyclable à l’infini.
Ce procédé de recyclage permet de recréer du polyester en
utilisant moitié moins d’énergie que pour une création nouvelle et
génère près de 80 % d’émissions en moins.Mais il requiert beaucoup
de ressources (eau, énergie, terres de culture, et donc pesticides
générant émission de CO2 et de pollution).Cependant, cette matière
reste moins polluante que la vraie fourrure.Les marques Mango,
Guess, Glamourous, et bien d'autres proposent de beaux et chauds
modèles en fausse fourrure composés de cette matière.Parfois les
modèles en fausse fourrure contiennent aussi de l'acrylique.C'est
une fibre synthétique chimique obtenue à partir d'huile minérale
ou d'autres hydrocarbures(composés d'houille, de chaux et d'air)
.. Comme les autres fibres synthétiques, l'acrylique est dérivée
du pétrole. Un de son usage les plus connu est la peinture mais
elle est aussi de plus en plus utilisée dans l'industrie
textile.Elle permet de fabriquer aussi bien des pulls que de la
lingerie ou des imitations de fourrure.
La fourrure végétale est la meilleure alternative : en fibres de
chanvre mélangées avec de la viscose de pulpe de bois, à la fois
éthique et écologique.
Le cuir animal n'est absolument pas écologique. Les animaux utilisés dans l’industrie du cuir émettent près de 15 % des émissions de méthane au monde, et ce gaz hautement inflammable produit un effet de serre 20 fois supérieur au CO2.
La meilleure alternative végane hautement durable est alors le
cuir végétal, comme le cuir d'ananas, appelé Pinatex fabriqué à
partir de feuilles d’ananas, ressemblant beaucoup à du cuir. Elle
utilise ainsi 40 000 tonnes de feuilles qui autrement auraient été
jetés ou brûlées.Cette fabrication n'a pas besoin d’utiliser de
l’eau, des pesticides ou des fertilisants. Aucun produit chimique
n'est nécessaire pour la transformation des fibres en tissu,
pouvant être teint.
Le cuir de champignon (Mylo) est un matériau souple ressemblant à
du cuir, fabriqué à partir du mycélium. Sa production ne prend que
quelques jours,au contraire de la quantité infinie de travail et
d'énergie nécessaire pour produire du cuir animal. Et c'est un
matériau totalement non toxique et biodégradable, durable, et
imperméable. Stella McCartney utilise cette alternative au cuir.
Le cuir de cactus a été popularisé par la marque mexicaine
Desserto, qui a même reçu des prix de l'université d'Oxford et de
PETA US. Le cuir de cactus de Desserto est globalement plus durable
car il génère beaucoup moins de déchets au cours de son processus
de production grâce à ses pratiques à moindre intensité de
carbone. Les avantages environnementaux sont également multiples,
puisque l'entreprise est en mesure d'enrichir le sol et
d'accroître la biodiversité pour économiser l'eau, ainsi que de
réduire considérablement son empreinte carbone.
Enfin, le cuir de pomme est 100% biodégradable, produit à partir des restes de pommes récoltées, est une matière très douce se rapprochant du cuir animal. Des marques comme Volkswagen utilisent ce matériau.
La fibre de coco La fibre textile de coco ou « coir » provient de l'enveloppe qui protège le fruit du cocotier (Cocos Nucifera). Cette espèce de palmier n'est pas un arbre, mais une plante de la famille des Arecaceae.
La grande rigidité de la fibre de coco limite ses applications purement textiles à des secteurs techniques (bâtiment, agriculture…), à la décoration et aux objets utilitaires :
– brosserie,
– tapis (nattes, carpettes, paillassons…),
– rembourrage de sièges ou de literie,
– insonorisation,
En revanche, la fibre de coco n’a pas de débouchés dans la mode/habillement.
Duvet/Alternative
Le duvet vient d'une industrie (principalement de Chine)où les oiseaux (oies, canards)sont entassés en très grand nombre dans des exploitations où le plumage à vif leur laissera des blessures (ailes cassées...)avant d'être envoyés en abattoir où ils seront égorgés et plongés dans l'eau bouillante, pour leur chair.Peu de marques s’approvisionnent en France, chez des producteurs locaux de canards, pour les plumes.Et même par ce biais, ces derniers seront de toutes façons massacrés pour la consommation humaine.
Le kapok, est une bonne alternative aux plumes d’oie.La fibre de kapok est respectueuse de l'environnement, mais offre aussi de nombreux avantages : elle retient jusqu'à 80 % d'air, ce qui donne au matériau de bonnes capacités isolantes, elle est de plus hygroscopique, et présente donc des propriétés antibactériennes naturelles.
Laine/Alternative
L'industrie de la laine est porteuse de souffrances également.Les moutons et agneaux (leur laine provient principalement d'Australie) qui survivent seront victimes du mulesing (peau des fesses découpée)et castrés sans anesthésie, leur tonte relève aussi de graves blessures.Les chèvres et les lamas (Angora, Alpaga, mohair et cachemire )élevés dans des fermes inadaptées à leurs besoins souffrent de ces conditions et seront abattus après usage. Le cachemire est issu du pelage de chèvre. Pour produire un seul pull, il faut quatre animaux (pour une capuche en fourrure animale, il faut deux renards ou chiens viverrins). Il résulte aujourd'hui de l’élevage colossal de chèvres des menaces de désertification importante en Asie et en Mongolie d'où provient principalement leur laine.
Le lin (plante zéro déchet) est une bonne alternative, car c'est un des tissus le plus écologiques (comme le chanvre, d'ailleurs les premiers jeans étaient en chanvre) qui existent. Ces deux plantes ne demandent pas de fertilisant ou de pesticide, et peu d’eau est nécessaire à leur culture. Ces sont également des matières robustes.Le coton, lorsqu'il n'est pas bio est relativement polluant Il demande beaucoup d'eau et d'énergie pour sa production.Le lin est alors aussi la meilleure alternative au coton non bio.
Soie/Alternatives
La soie n'est pas non plus exempte de souffrances : il faut tuer les
vers, qui sont ébouillantés ou gazés,1 kg de soie = 6600 vers.. La fabrication de la soie n'est pas sans impact
sur l'environnement, même si ce textile est naturel et biodégradable.
En effet, pour faire l'élevage intensif des vers à soie (majoritairement d'Asie), les éleveurs
ont recours à des produits chimiques tels que les engrais, les
pesticides et les antibiotiques, et utilisent de grandes quantités d'eau chaude.
La viscose est une alternative car c'est une matière plastique non dérivée du pétrole mais d'origine végétale, et bio dégradable. On obtient la viscose avec de la cellulose et des traitements chimiques et physiques afin qu'elle prenne forme.Elle est utilisée pour la fabrication des textiles.Son impact écologique n'est pas nul, car elle se dégrade lentement, se dispersant dans l’environnement, ses micro fibres se retrouvant dans la mer.Elle requiert aussi des produits chimiques toxiques et polluants (disulfure de carbone)et réclame beaucoup d'eau, plus encore parfois que pour la fabrication du coton, et un tiers de la viscose vient de forêts en voie d'extinction. Le Lyocell est une alternative à la viscose car on remplace le disulfure de carbone par un produit non toxique, un solvant recyclable.Le Lyocell est une fibre synthétique fabriquée à partir de cellulose d’eucalyptus.Le modal (issu des hêtres, arbres qui n'ont pas besoin d'être irrigués) est aussi une alternative, avec un impact environnemental très faible, mais qui ne doit pas provenir des forêts détruites en Amazonie. Ces fibres sont très résistantes, il est donc utilisé pour les vêtements de sport, le linge de toilette (serviettes...).
Rappelons que 120 millions d’arbres sont abattus chaque année pour l’industrie textile.
(source Wikipédia et Novacteur)
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